ÉDITO

Se retrouver, artistes, publics, partenaires, tous ensemble (ou presque?!)
Les trajectoires artistiques seront nombreuses dans cette seconde partie de saison. Chacune nous proposera un regard différent sur un monde en constante mutation. Ileana Ortega, notamment, fin janvier pendant l’Escale catalane, présentera sa dernière création Ciudades Interiores, dans laquelle elle explore l’instabilité des limites de la réalité. Formée à l’école de danse du Guatemala, initiée au cirque à Mexico, primée de la scène Iberoaméricaine au Salvador, elle a chorégraphié l’école de cirque de Rio. Accueillie à la Central del Circ, elle s’est installée à Barcelone. Elle est par ailleurs soutenue par le dispositif Travesía.

Le chemin de la recherche dans l’enjeu de la représentation, un chemin au long cours, sera questionné dans les trajectoires de Laura Terrancle qui créera Journal de la Femme Canon et celle de la compagnie bancale dans Le Membre Fantôme.

Avec et chez les partenaires, d’autres itinéraires artistiques seront présentés. Au Ring, l’Atònita Compagnie jouera Hier arrive bientôt?; au Théâtre Sorano, la compagnie Lapsus proposera le Chant du Vertige?; au ThéâtredelaCité, nous fêterons les Portés de Femmes. À Colomiers nous apprécierons le texte juste et profond de Dori du Cirque des Petites Natures, au Théâtre des Mazades nous découvrirons le très beau Juventud de Nicanor de Elia et au Grand Mirail Lulu’s Paradise sera présenté par la compagnie Attention Fragile.

À la Grainerie, les chapiteaux reprendront leur place dans l’actualité de la création du cirque. Les compagnies nous inviteront à partager leurs propositions dans ces espaces empreints de liberté de mouvements et de pensée. La création du cirque Baraka, OchO portera au sein de ces maisons de toiles, un questionnement aigu sur l’identité. Dans Les Petits Bonnets, les paroles en mouvement du Cirque du Dr Paradi exploreront l’image des ouvrières d’une usine de lingerie, une image récupérable à souhait. Ce cirque indisciplinaire s’inscrit dans le temps fort de Créatrices?!

Le plaisir de partager cette saison avec vous est immense et nous sommes soucieux de le préserver. Mais de pass en pass (culture et sanitaire), de l’exclusion de notre secteur du champ de l’essentiel à l’arrêt d’aventures culturelles et aux coupes franches de financements publics chez de nombreux partenaires, qu’en est-il de la considération de nos missions?? La construction d’un vrai rapport d’altérité avec les artistes, les habitant·es, les porteurs de projets privés et publics ne peut se développer que sur un temps long. Repenser et réinventer les rapports humains dans les lieux de création est un enjeu qui traverse tous les secteurs de notre activité et nous y tenons. Aussi les projets de médiation sont et resteront constitutifs du projet artistique de la Grainerie . C’est fort de cette ambition qu’avec toute l’équipe de la Grainerie, nous vous invitons à prendre part dans cette nouvelle saison.

Laurie Marsoni Bornstein Présidente et Serge Borras Directeur